Dans le cadre de son engagement pour l’accès à la culture et l’expression artistique, Frédéric Alloin, référent culture sur le site de La Providence, a initié le projet « Éclats d’être ». Pensé à l’origine pour les personnes accompagnées du site, le projet s’est rapidement élargi pour être proposé à l’ensemble des foyers de l’ALGED, plaçant les personnes accompagnées au cœur de la démarche créative. Grâce aux artistes de l’association Mosae, Noé Pellencin, Julia Rauch et Giulia Di Guardo, le projet a pris vie, soutenu par une subvention de la DRAC dans le cadre de l’appel à projets.

 

Une démarche née de la parole des personnes accompagnées

Le projet trouve son origine dans un temps de questionnement mené auprès de personnes accompagnées à La Providence. Ces échanges ont fait émerger un fort désir de pratiques artistiques variées — danse, musique, théâtre — perçues comme des espaces d’expression de soi, de rencontre et de valorisation. La thématique de la vie affective, sexuelle et de couple s’est également imposée, donnant naissance à des ateliers autour de la danse et du consentement, en complément des actions existantes.

 

Des ateliers ouverts et inclusifs

Les ateliers, débutés en octobre, se déroulent les mercredis après-midi dans le hall de La Providence. La coordination est assurée par Frédéric, avec le soutien de Mosae.

Pour cette nouvelle séance, Noé, intervenant danse, anime l’atelier pour la deuxième fois. L’ambiance est immédiatement conviviale et ludique. L’échauffement démarre par une invitation à mobiliser le corps et l’imaginaire : « Il y a la pluie qui tombe, on peut même se transformer en noix de coco en tapotant ses joues », propose Noé. Les rires de Bérénice et Amandine accompagnent l’exercice, avant de poursuivre : « Ensuite, on tapote sur le bas du dos. »

Les propositions corporelles permettent de travailler l’échauffement, la rythmique, la coordination, mais aussi l’identification des émotions et le repérage dans l’espace. Les participants du jour, parmi lesquels Frédérique, Rémy, Nayel et Zaineb, s’approprient progressivement les consignes, chacun à son rythme. Pour Zaineb, ces temps sont précieux : « On fait la danse, chacun vient. Ça change de l’ESAT La Roue où je vais travailler trois jours par semaine. »

 

Un projet transversal basé sur le libre choix

Frédéric explique : « Au départ, ce projet était destiné aux personnes accompagnées à La Providence. Puis j’ai proposé aux autres sites de l’ALGED, notamment l’Île Barbe, Fourvière et la résidence Attique. C’est intéressant de proposer quelque chose de transversal. » Il souligne aussi l’importance du libre choix : « Puisque l’on part vraiment de la volonté de la personne, il peut y avoir plus facilement des personnes qui décrochent, mais c’est elles qui décident. Il faut un maximum de quinze personnes, mais c’est adaptable. » Les propositions artistiques invitent à la créativité collective.

Noé poursuit l’atelier en introduisant une consigne liant le corps, le son et l’écoute du groupe : “Nous allons nous imaginer comme une machine vivante qui produit des bruits sur chaque mouvement qu’elle fait”. Une manière de jouer avec le corps, le son et le groupe, tout en valorisant l’expression individuelle.

 

Vers une restitution et une ouverture culturelle

Inscrit dans une logique de parcours, le projet prévoit des temps d’échanges pour identifier les envies culturelles futures des participants : spectacles, rencontres artistiques, découvertes de lieux culturels. Une restitution finale — sous forme de représentation et/ou de support vidéo — viendra valoriser le chemin parcouru et les expressions singulières révélées.

 

« Éclats d’être » se construit comme un espace d’expérimentation artistique et humaine, favorisant l’écoute, l’expression de soi et la reconnaissance de chacun comme acteur à part entière de sa vie culturelle.